ZAC PERRET un quartier durable ?
Un nouveau quartier
La ZAC Perret (devenu le quartier de Noailles) est la fille de la ZAC St Sébastien, projet immobilier gigantesque qui a échoué à la suite d'un recours des habitants du quartier. Ce naufrage a laissé une ardoise de 3 millions d’euros en frais d’étude, entièrement supportée par les contribuables pisciacais.
La ZAC Perret est un ensemble immobilier d’une superficie de 2 hectares en forme de part de tarte limité par le boulevard Robespierre, le boulevard Saint Sébastien et la rue Perret. Il a été bâti sur ce site, ancien terrain de l’usine Floquet Monopole, 420 appartements dans des immeubles de 3 à 6 étages.
Des problèmes d’environnement à résoudre
Des recommandations architecturales ont été dictées par la SEMAP Société d’économie mixte pilotée par la Mairie. L’aspect est plus réjouissant que les immeubles « caserne » de l’ex-projet de la ZAC St-Sébastien ceci grâce à une diversité de couleur et de matériaux. Il est regrettable que ses recommandations se soiet arrêtées à l’apparence, il n’est pas fait mention à l'époque du traitement environnemental de ces constructions. Vivre Sa Ville avait recommandé l’utilisation du label HQE (Haute Qualité Environnementale) qui vise un triple objectif :
- Optimiser le cadre de vie (urbanisme, paysage, déplacements, …)
- économiser les ressources naturelles et maîtriser les pollutions (sol et sous-sol, eau, air, énergie, …)
- réduire les nuisances et les risques (déchets, risques naturels et technologiques, bruit, nuisances olfactives, …)
Des déplacements mal maîtrisés
Le traitement des déplacements est aussi douteux. Une étude d’impact montre que le boulevard Robespierre est déjà saturé le matin et ne pourra que difficilement digérer un nouvel apport de voitures. La réponse aux embouteillages et au bruit est le Bd de l’Europe qui doit détourner le trafic de transit. La construction de ce boulevard urbain est conditionnée par le départ des usines situées le long de la voie ferrée. L’étude révèle également que le quartier est sous équipé en matière de circulation douce, pas de piste cyclable, pas de voie réservée aux bus, trottoirs trop étroits. Le cabinet de conseil qui a réalisé cette étude évoque les objectifs du PDU de la région, mais la municipalité reste vague et ne projette rien de concret.
Pas d’école
Sur les 1000 habitants du quartier de Noailles, 200 enfants doivent être scolarisés. Les familles devront se débrouiller pour trouver de la place dans les écoles des environs qui sont déjà saturées car il n’est pas prévu de construire de classes dans la ZAC Perret. On évoque la possibilité à longue échéance de construire une école après la construction de la nouvelle ZAC Bongard ! La seule réponse à cours terme est de construire des salles de classes dans la cours de l'école des Sablons. Rappelons que le quartier de Saint Exupery qui jouxte la ZAC n’a pas d’école primaire et que les écoliers sont acheminés par bus vers le groupe scolaire des Sablons !
Pas de mixité sociale
Pas de mixité sociale dans le quartier, les logements sont destinés exclusivement à des cadres fortunés. Le code de l’urbanisme indique pourtant la nécessité d’assurer « la mixité sociale dans l'habitat urbain, en prévoyant des capacités de construction et de réhabilitation suffisantes pour la satisfaction, sans discrimination, des besoins présents et futurs en matière d'habitat ». En ne respectant pas l’esprit de la loi, la municipalité perpétue les différences entre quartiers, génératrices de tension.
Conclusion
Le quartier de Noailles est une pure opération immobilière dont la mairie au travers de la SEMAP n'a pas maîtrisé la gestion : pas d'école, pas de mode de construction durable (HQE), absence de circulation douce et de mixité sociale. Ce n'est pas en laissant faire la seule loi du marché que l'on peut construire un quartier et une ville durables.
Le 30 janvier 2003, la SEMAP a présenté aux conseillers municipaux, le cahier des charges de la ZAC Perret. Près de cinq ans plus tard, à l'achèvement des travaux, on constate que les prescriptions n'ont pas été respectées : la hauteur moyenne devait par exemple être à l'origine de 4 étages (R+4) elle atteint maintenant 5. Le bâtiment à l'angle de la rue Saint-Sebastien et du boulevard Robespierre était prévu avec 3 étages il en comporte 5. Au cours du conseil municipale du 20 décembre 2007 le maire n'a pas pu donner d'explication à la remarque faite à ce sujet par un conseiller municipal d’opposition. Soit le maire ne maîtrise pas l’urbanisme dans sa ville, soit il a laissé déroger aux règles du cahier des charges dans les deux cas c’est grave.