Evolution entre 1990 et 1999
Nombre total de logements
Prix moyen de l'immobilier (vente)*
Prix moyen de l'immobilier (location)*
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Agence Nationale pour la Rénovation
Evolution du taux d'occupation des logements (Personne / logement)
La fin du logement social à Beauregard ?
Une pétition contre l’augmentation des loyers a réuni 400 signatures.
Janvier 2006




Le logement à Poissy de plus en plus cher, de plus en plus inaccessible !
Pour une ville et pour ses habitants, le logement, le «droit pour chaque citoyen de trouver un toit» est un enjeu central sinon vital. Sur cette question essentielle, les Pisciacais quels qu’ils soient, mais plus particulièrement ceux qui habitent les quartiers dits «sensibles», constatent tous les jours les défaillances et les conséquences de la politique municipale. Aujourd’hui, à Poissy, dans le domaine du logement, tous les clignotants sont au rouge. La Ville a décidé en la matière de laisser faire les lois du marché, la loi du plus fort et l’on assiste à une explosion du prix de l’immobilier aussi bien pour l’ancien, pour le neuf que pour la location.
Augmentation du prix de l’immobilier
Quelques exemples pour illustrer cette «explosion» :
Plus 25% en trois ans : la hausse des prix à Poissy est importante, et notamment en raison de l’arrivée du pôle tertiaire de PSA et à la carence de logements. Le centre-ville et la gare RER sont les quartiers les plus recherchés : plus on en est proche, plus les prix sont élevés
• Le prix de l’immobilier ancien a grimpé en moyenne de 14,2% en 2004 et se situe autour de 2500 €/m2
• Le prix des appartements neufs a augmenté de 13,5%, le prix moyen à la vente est de 3285 €/m2
• La hausse des loyers de relocation est de 5% sur le secteur locatif. Le prix moyen de location est de 14,19€ m2/mois.
Pénurie de logements sociaux
La pénurie de logements sociaux ne cesse de croître à Poissy. Aujourd’hui plus de 1700 familles ont déposé, souvent depuis des années, une demande auprès d’un organisme HLM. Si les demandes sont de plus en plus nombreuses, le délai d’attente se rallonge également. La part des logements sociaux ne cesse de se réduire à Poissy, elle représentait en 1999, 37% du parc des logements en diminution de 4% depuis 1990 et cette baisse continue avec le déconventionnement de 700 logements de Beauregard. Cette raréfaction est encouragée par la politique municipale en matière de logement.
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Détournement du plan Borloo
Le Plan Borloo, qui devait redonner une politique, de l’espoir et des moyens a été complètement dévoyé à Poissy, la mairie veut se contenter de démolir les 600 logements de La Coudraie. « En principe, l’ANRU demande que le programme prévoit un logement social reconstruit pour un logement social démoli. Il n’est pas envisageable de répondre à cette règle sur le site, ni même sur la commune. » Ces propos de Masdeu-Arus, rapportés par la presse, illustrent clairement la volonté du maire de ne pas appliquer la Loi. Il s'agit de profiter de la manne de l’ANRU tout en éliminant les plus pauvres de Poissy. Sous couvert de renouvellement urbain on assiste à une véritable épuration. Déjà la cellule de relogement créée spécialement a ventilé des habitants du quartier de la Coudraie vers les communes voisines d’Achères, de Carrières-sous-Poissy, des Mureaux voire en dehors du département, il n’y a plus de place pour eux à Poissy.
Déconventionnement du logement social à Beauregard*
Les logements de Beauregard ont tous été conventionnés en 1988 1989 ce qui permettait des financements d'Etat (Palulos) et une certaine garantie de plafonnement des loyers : les augmentations annuelles correspondant seulement à l'évolution de l'indice INSEE de la construction. La politique de remise en cause du logement social menée par les différents gouvernements qui se sont succédés à conduit à une diminution progressive des aides, la mise en vente (200 environ à Beauregard) et la démolition (65) des logements sociaux, le déconventionnement (400 en 2001/2002), 700 en juin 2005 et les autres vont suivre. Les locataires vont devoir signer un nouveau bail de 6 ans pendant lequel il n'y a normalement pas d'augmentations particulières. Mais à la fin de ce nouveau bail les loyers deviennent "libres" avec évidemment la possibilité pour le bailleur de procéder à de fortes augmentations. A savoir également : la CIRP, propriétaire des 1900 logements de Beauregard et de 15.000 autres en région parisienne fusionne en juin avec les SCI du groupe Caisse des dépôts pour former un ensemble de 50.000 logements environ, tous considérés, non plus comme des logements sociaux mais comme des logements intermédiaires. Le nouveau bailleur a pris le nom d'Icade Patrimoine. Il s'agit évidemment d'une véritable escroquerie, cette transformation de la catégorie des logements s'opérant sans aucun travaux d'amélioration des logements eux-mêmes.
Un constat inquiétant
Entre la carence, le déconventionnement et le déclassement de logements sociaux, l’explosion des prix du foncier, l’augmentation notable des loyers, il convient, aujourd’hui, de se poser la question sur « qui va habiter Poissy demain ? ».
Un constat s’impose : Poissy est de plus en plus riche de ses inégalités, ces inégalités d’abord ressenties comme telles par tous les habitants des quartiers pour qui la vie quotidienne et les conditions d’existence sont de plus en plus précaires. La ségrégation par le logement et entre les quartiers s’est fortement accrue. Les habitants des quartiers se sentent légitiment abandonnés.
Une politique municipale de ségrégation
Entre projet de démolition, absence totale de concertation et surtout traitement inégalitaire dans la ville, il y a de quoi s’inquiéter. Les loyers continuent d’augmenter et l’entretien des bâtiments laisse à désirer. Décidément ce qui devait se faire dans les quartiers est considéré comme une charge, quand c’est fait au centre-ville c’est un investissement ! Et ce n’est pas seulement une question de mot ! Les souhaits de la majorité municipale de voir Poissy réservée aux plus aisés est en marche. Une politique qui fait fi de la diversité sociale et culturelle qui fait la richesse d’une ville.
Pour une autre politique
Ces quelques éclairages, certes partiels, illustrent pleinement le chemin que nous sommes en train de prendre dans le domaine du logement.
Demain, et si le rythme se maintient, mais en serait-il autrement au regard de la politique actuellement menée, Poissy sera réservée aux plus aisés. Ne continueront d’exister en périphérie que quelques quartiers d’habitat social, mal entretenus et de plus en plus coupés de l’espace urbain. Le dynamisme et le devenir d’une ville, l’avenir de ses habitants c’est la diversité, la mixité et la solidarité. Nous ne sommes pas prêts d’en prendre le chemin sauf à changer profondément d’orientation et donc de politique !
Une autre politique locale du logement est possible en s’appuyant sur 3 préoccupations transversales.
• Réaffirmer le droit au logement pour tous. Des moyens doivent être affectés à cette politique pour faciliter l’accès et favoriser la qualité des logements.
• Promouvoir l’égalité urbaine comme priorité permanente dans un traitement équitable de tous les quartiers et donc de tous les habitants de cette ville. L’état d’abandon de certains quartiers rend nécessaire une attention particulière et donc des investissements spécifiques.
• Etablir une véritable coopération intercommunale basée sur la solidarité et l’adaptation de l’offre dans le bassin d’emploi.Voir les propositions de Vivre Sa Ville
Le commissaire enquêteur lors de l'enquête publique de la révision du PLU a fait la recommandation suivante : Pour une mise en oeuvre de la loi Solidarité et Renouvellement Urbain le principe consistant à prévoir 20% de logements sociaux dans tous les programmes immobiliers à venir permettrait de garantir une mixité sociale.
Le maire n'a pas souhaité suivre cette recommandation en disant qu'il y avait assez de logements sociaux à Poissy ...