Les Objectifs
La charte a trois fonctions principales : constituer un engagement vis à vis des électeurs (plus précis et plus approfondi dans le contenu que la substance des tracts), un document de référence à usage interne, garant de la cohésion du groupe et de la cohérence du projet pour la ville, une base enfin pour les éventuelles négociations à envisager avec les concurrents et partenaires politiques.
Le Plan
1. Démocratie locale et citoyenneté,
2. Écologie urbaine et cadre de vie,
3. Univers économique et conditions
de vie
4. Socialisation et âges de la vie,
5. Socialité et identités culturelles.






Les commissions
Mais pourquoi cinq commissions et non pas quatre ou huit? Peut-être en manque-t-il, mais il semble difficile d'en proposer moins. Tout découpage est, par nature, critiquable. Celui qui est proposé se veut aussi détaché que possible des critères de la gestion municipale afin de mieux pouvoir imaginer des critères de réorganisation de la municipalité. Les cinq commissions sont à la fois des thématiques et des regards : politique, écologie, économie, social, culture. A chacun de ces cinq niveaux (institutionnels) correspond une figure de la personne : le citoyen, l'habitant, le travailleur-consommateur, le parent, l'être pensant-agissant. Le plan de la Charte est donc organisé en cinq chapitres dont le nom de baptême maintient liés l'institutionnel et le vécu pour nous obliger à les penser ensemble.

Pour une autre politique
Les pouvoirs municipaux - celui de POISSY est caricatural à cet égard - ne voient, bien souvent, les problèmes qu'en termes fragmentaires, ce qui est un moyen de se voiler la face, de rester aveugle au caractère global de ces phénomènes, à leur interdépendance. L'électoralisme, la démagogie qui poussent certains hommes politiques à la seule recherche des voix, engendre la politique des "réalisations de prestige", de ce qui est visible et marquera l'opinion mais qui ne changera pas la vie quotidienne. Cela va du simple immeuble aux "technoparcs" et autres équipements d'urbanisme. Demain, les entreprises des technoparcs et autres technopoles (où peu de pisciacais travaillent et qui engendrent des transports pour tous ceux qui s'y rendent) risquent de devenir des friches industrielles, sous l'action de l'innovation accélérée et de l'obsolescence des techniques qui l'accompagne.
La même politique du traitement au coup par coup des problèmes et de l'uniformité des espaces pousse à l'éloignement de nos anciens, à les reléguer dans des hospices où se perd le goût de vivre...
La majorité des pisciacais vit dans des quartiers où le minimum vital de services quotidiens n'est pas réuni. Ce minimum pourrait être respecté, et même devenir un maximum, si une autre politique municipale voyait le jour : une politique qui produirait la ville à partir des exigences de la vie quotidienne de ses habitants. Pour l'heure, nous sommes contraints de nous déplacer en permanence, y compris pour chercher du loisir dans des lieux où se concentrent tous ceux qui ne peuvent se divertir à proximité de leur logement, parce que leur quartier est inanimé.
Une autre politique de la ville et de la vie est possible. Elle est réalisable partout dans POISSY et, à très court terme, dans les quartiers. Cette charte propose de réfléchir ensemble à la ville en partant de la vie quotidienne.



Les Thèmes
Le principe fondamental d'une vision non segmentaire de la vie et de la ville consiste à décloisonner le regard, à s'interdire de raisonner en termes de problèmes sociaux spécifiques afin d'éviter des fausses solutions partielles qui déplacent les problèmes. L'énumération des cinq thèmes de réflexion imbriqués de la Charte de Poissy vise à dépasser, autant que possible, les fragmentations évoquées ci-dessus, à constituer les principes d'une analyse alternative de la vie dans la ville sans laquelle une politique alternative de la ville et de la vie en son sein ne peut émerger.
La méthode
Le souci premier et permanent d'une ville ouverte à la vie nous semble devoir être de faciliter la vie quotidienne des habitants. Pour cela, il faut regarder la ville avec les yeux des personnes, de leur vécu : leurs problèmes, l'organisation de leur temps, leurs sentiers quotidiens, leurs soucis et craintes à l'égard des enfants et des parents, etc... Bien sûr, on ne peut organiser une ville en fonction d'individus, de plus en plus différents dans leur mode de vie, et de désirs souvent très disparates, mais on peut au moins tenter d'articuler (c'est une méthode à utiliser en permanence, comme des lunettes que l'on chausserait) ce qui relève des fonctions et des services collectifs et ce qui relève de la manière dont les personnes vivent leur ville.
Tel est le principe général du découpage de notre réflexion en cinq niveaux ou commissions : préserver, à chaque niveau, l'articulation de ce qui est "collectif" (ou institutionnel) et de ce qui est personnel (ou vécu par les gens).